Un tiers de ses dépenses de campagnes a été payé par des dons versés par des sympathisants

31 10 2014

ITW : L’Echo Républicain 

 

Christine Boutin laisse entendre qu’elle n’a pas fini sa carrière politique, que ce soit localement ou au plan national.? - Photo d’archives

Christine Boutin laisse entendre qu’elle n’a pas fini sa carrière politique, que ce soit localement ou au plan national.? – Photo d’archives

Six mois après s’être déclarée sur la paille, à cause de son faible score aux élections européennes, Christine Boutin indique avoir reçu beaucoup de soutiens, et poursuit son combat.

« Très difficile de défendre ses idées »

INTERVIEWFrançois FeuilleuxVous aviez déclaré que vous étiez sur la paille, après les élections européennes, et vous aviez fait appel à la générosité des électeurs. Cela a-t-il fonctionné ? Oui, puisque je peux considérer que j’ai reçu un tiers des dépenses de ma campagne par les dons. Je remercie d’ailleurs tous les donateurs. Ce qui est surtout remarquable, c’est que j’ai reçu très peu de dons importants (500 à 1 000 €), mais beaucoup de 20 à 50 €. Ce qui démontre que les personnes qui ont voté pour moi sont des gens de conviction. Ce ne sont pas des gens riches qui font partie des maîtres à penser de ce pays.

Vous espériez, certes, mais pensiez-vous obtenir autant ? Je ne savais pas du tout ce que cela allait donner. J’aurai aimé que cela fasse un peu plus, car il me reste les deux-tiers, ce qui n’est pas rien.

Il y a toujours des petits malins qui arrivent à passer à travers des contrôles. Comment allez-vous faire pour le reste de la somme ? Quand je me suis présenté à l’élection présidentielle, en 2002, j’ai été amenée à vendre ma permanence. La moitié a servi à couvrir la campagne présidentielle, l’autre moitié sert à financer ce qui n’a pas été financé par les dons aux Européennes.

Est-ce que cela veut dire que sans argent, on ne peut pas défendre ses idées ? C’est très difficile. Contrairement à ce qu’on peut croire. Quand on ne fait pas de coups tordus, ce n’est pas en politique que l’on gagne de l’argent. La relation entre l’argent et la politique est très compliquée. J’ai toujours dit avoir eu de la chance d’être une femme et que toutes mes indemnités de parlementaires aient été réinvesties dans la politique. J’avais mon mari qui faisait vivre la maison. Si on n’a pas cette sécurité financière, c’est très difficile de défendre ses idées.

Comment alors assurer la libre expression et en même temps se prémunir contre les abus ? C’est la grande question. Il faut savoir quelle est la conscience des hommes et leur degré d’honnêteté, de générosité, et de probité. Ce sont des règles du jeu qui sont au-dessus de toutes les lois.

La loi est-elle trop restrictive, selon vous ? Depuis que je fais de la politique, je n’ai vu que l’augmentation des contrôles. Toutes les lois visant à régulariser les relations entre l’argent et le politique se sont inscrites dans ce que l’on appelle, aujourd’hui, la transparence de la vie politique. Et en fait, on s’aperçoit que cela n’empêche rien. Il y a toujours des petits malins qui arrivent à passer à travers des contrôles.

  Il y en a peut-être moins aujourd’hui ? Je ne sais pas. Peut-être.

  Qu’est devenu votre label Force Vie, qui vous a servi aux Européennes ? Il avait comme objectif de porter les valeurs que nous défendions aux Européennes. Peut-être que cela revivra dans d’autres échéances électorales.

Actuellement conseillère générale de Rambouillet, vous avez été élue à beaucoup de postes. Aspirez-vous encore à un mandat ? J’ai eu une vie très bien remplie, mais je n’ai pas du tout l’intention d’arrêter. J’ai une bonne santé, j’aime les gens. Donc on verra. Tout dépend des élections.

Les cantonales, par exemple. Je comprends que vous posiez la question, mais vous comprendrez que je n’y réponde pas pour le moment.

On sent quand même que vous avez envie. (Rires).

Que vous inspire la bataille pour la présidence de l’UMP, et le retour de Nicolas Sarkozy ? Je pense que ce n’était pas un choix facile de revenir dans cette arène, sous la forme de la présidence de l’UMP. J’ai eu l’occasion de lui dire. Son élection ne fait pas de doute. Maintenant, la France ne se réduit pas à l’UMP, dont je ne suis pas membre.

 Justement, après l’élection du Président de l’UMP, il y aura la primaire, pour désigner le candidat à la présidence de la République, celui de la droite et du centre, comme certains le souhaitent. Seriez-vous prête à voter pour cette primaire, à moins que vous soyez, vous-même candidate ? Je suis contre les primaires pour la présidentielle. Si on reste dans le cadre de la cinquième République, question qui devrait d’ailleurs être posée, la primaire se passe au premier tour. Quand on voit le résultat de la primaire socialiste et la façon dont M. Hollande gouverne la France, on devrait être échaudé. La primaire du PS a fait sortir le plus petit dénominateur commun.

 La France est, aujourd’hui, obligée de revoir son budget pour entrer dans les clous de l’Union européenne. Est-ce la preuve selon vous, d’une certaine perte d’autonomie nationale ? Je suis pour l’Europe, mais pas celle de la finance. Que l’Europe ait son mot à dire, ça ne me gêne pas. Ce qui est gênant, c’est que la France soit amenée à présenter un budget qui ne répond pas aux règles élémentaires d’un budget équilibré.

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